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Contre le Terro­risme : résis­ter et contri­buer à cher­cher des alter­na­tives

Source : Contre le Terro­risme : résis­ter et contri­buer à cher­cher des alter­na­tives | Entre les lignes entre les mots

Un commu­niqué du 29 juillet de l’ATMF; en voici des extraits. Il est consul­table sur le site « entre les lignes entre les mots. Les sous-titres et les passages souli­gnés sont de notre fait.

L’As­so­cia­tion des Travailleurs Magh­ré­bins de France salue, avec respect, la mémoire des victimes du massacre qui a fait 84 morts et des dizaines de bles­sés à Nice le soir du 14 juillet 2016 dont plusieurs enfants.

(…)

Donner la mort est l’ADN de Daech. Viser des collec­tifs, des masses, des popu­la­tions pour des choix qui opèrent sur le mode géno­ci­daire, en tant que vision poli­tique globale des cerveaux qui l’ins­tallent dans la durée pour hysté­ri­ser leurs troupes.

Les extrêmes droites et les droites extrêmes en Europe, en parti­cu­lier en France, à la fois sont captées et instru­men­ta­lisent à leur tour les massacres d’in­no­cents pour alimen­ter leurs programmes de haines, de rejets, d’amal­games, du tout-sécu­ri­taire, de mesures liber­ti­cides sans précé­dent. (…) C’est du pain béni pour Daech et des milices hors du droit en France et dans toute l’Eu­rope qui, en visant la désta­bi­li­sa­tion des socié­tés et des insti­tu­tions en Europe, veut dres­ser les commu­nau­tés les unes contre les autres.

Au lende­main de l’at­ten­tat de Nice, l’Ély­sée avait promis « d’in­ten­si­fier ses frappes en Syrie et en Iraq pour frap­per ceux qui nous menacent ». Le 18 juillet 2016, plus de 120 civils inno­cents seront tués par un raid de la coali­tion inter­na­tio­nale.

La guerre de colo­ni­sa­tion de Daech

Par ailleurs, dans un ailleurs si près et si visible d’ici, caché ou rendu inau­dible par les pouvoirs et les médias majo­ri­taires qui leurs sont soumis, c’est une véri­table guerre, conçue totale, innom­mable que ce nouvel ennemi de l’hu­ma­nité mène d’abord à partir de son berceau et dans son berceau, le Cham (Pales­tine, Irak, Syrie, Jorda­nie, Liban ), c’est une véri­table guerre de colo­ni­sa­tion, d’oc­cu­pa­tion, d’op­pres­sion, de pillage du sol et du sous-sol, dans un seul but, soumettre sous son joug les peuples ou exter­mi­ner les popu­la­tions qui y résistent ou les dépor­ter. Sous d’autres formes, l’hor­reur est propa­gée au Magh­reb, en Afrique, en parti­cu­lier en Libye dont il veut faire son prochain terri­toire, une nouvelle base armée de sa poli­tique de domi­na­tion et de destruc­tion.

Jamais les peuples arabes ou afri­cains des régions où il frappe n’ont subi, il faut le dire et rappe­ler, de telles formes géno­ci­daires dans leur histoire.

La poli­tique des USA, d’Is­raël et de leurs alliés

L’ori­gine prin­ci­pale est loin et direc­te­ment liée à l’in­va­sion de l’Iraq par l’ar­mada améri­caine et ses alliés (…) La destruc­tion de l’État en Irak a commencé là, en 1991. Une autre agres­sion la suit en 2003, toujours sous le comman­de­ment des U.S.A (…) la feuille de route du démem­bre­ment de l’Irak qui ne finit pas de sombrer avec son peuple.

Les peuples de la région vivent sous la même menace – sauf bien entendu l’État d’Is­raël qui, au contraire est conforté et encou­ragé dans sa poli­tique d’apar­theid et d’oc­cu­pa­tion colo­niale des terri­toires pales­ti­niens.

Sans oublier le rôle que jouent les pétro­dol­lars du Golfe et leurs États en parti­cu­lier l’État Wahha­bite de l’Ara­bie Saou­dite .Tous sous la botte améri­caine et ses bases améri­caines co-diri­gées par la C.I.A, ces États féodaux font tout pour empê­cher les États voisins à se stabi­li­ser ou à se recons­truire.

Les peuples arabes

Livrés à eux-mêmes, aban­don­nés par leurs Etats corrom­pus, déchi­rés par les guerres fratri­cides paupé­ri­sés à l’ex­trême, conti­nuel­le­ment dépla­cés, les peuples Arabes subissent cet enfer nuit et jour.

Cette vie qui est à peine une survie est marquée à l’encre rouge par une mondia­li­sa­tion des humi­lia­tions, des frus­tra­tions, des avenirs bouchés. Un lot quoti­dien qui ne peut que nour­rir un ressen­ti­ment litté­ra­le­ment abys­sal.

La mort en masse en Médi­ter­ra­née n’en est que la partie visible de l’ice­berg.

En France

Il est dange­reux, de croire et de faire croire, en parti­cu­lier à la jeunesse, que « cela » est loin de « chez nous ».

Tous les êtres vivants savent ou ressentent ce que souf­frir est. Les popu­la­tions de l’im­mi­gra­tion post-colo­niale et ceux qui en sont issues des banlieues ghet­toï­sées et déstruc­tu­rées par les discri­mi­na­tions et le chômage de masse, notam­ment, vivent dans leur chair, direc­te­ment, l’hor­reur des vies agoni­santes ou en sursis de morts insou­te­nable. C’est le terreau du ressen­ti­ment qui mène à l’ir­ré­pa­rable. La France a fait le choix désas­treux de ne pas régler le conten­tieux de son passé colo­nial avec les peuples qu’elle a colo­ni­sés.

(…)

Inter­na­tio­na­lisme

Nour­ris par ces inté­rêts verti­gi­neux, les États qui inter­viennent contre Daech sur des terri­toires spoliés, le font aussi pour des raisons géo-écono­mico-poli­tiques – c’est évident. Et, les bombes ciblant un terro­riste ou un groupe d’entre eux, ne peut éviter les civils – c’est évident aussi. (…)

(…) Cela suppose la rupture nette avec les régimes corrom­pus et tyran­niques du Proche Orient, comme une condi­tion poli­tique majeure. Cela suppose en même temps de donner les moyens de mobi­li­sa­tion aux peuples pour recons­truire des projets démo­cra­tiques. Les peuples concer­nés direc­te­ment sont les plus à même de combattre l’or­ga­ni­sa­tion mafieuse de Daech. Cela suppose aussi, en termes de moyens, que l’oc­ci­dent paye son confort, un confort insul­tant et humi­liant des peuples qu’il a paupé­risé sur leur propre sol. (…)

Nous consi­dé­rons plus que jamais que face à la terreur, la contre terreur est contre-produc­tive. La guerre provoque et/ou ampli­fie d’autres guerres.

Seule une poli­tique de paix digne de ce nom est et restera le projet de l’Hu­ma­nité tel que le rêvent au quoti­dien et en pratique tous les peuples de la Terre.

Asso­cia­tion des Travailleurs Magh­ré­bins de France