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L’Hu­ma­nité. Chris­tophe Prud­homme. Urgence d’un débat à l’As­sem­blée natio­nale

Publié le Lundi 4 Juillet 2022 Chris­tophe Prud­homme – L’Hu­ma­nité >>>>>

Notre système de santé est en train de s’ef­fon­drer et la seule réponse du gouver­ne­ment est de vali­der une rupture du service public en accep­tant la ferme­ture des services d’ur­gences la nuit.

Les préco­ni­sa­tions médi­cales sont simples : pour assu­rer la sécu­rité de la popu­la­tion, tout citoyen doit être à moins de 30 minutes d’un service d’ur­gences ouvert 24 heures sur 24, tous les jours de l’an­née.

La perver­sité des libé­raux qui nous gouvernent, aidés par certains méde­cins qui sont deve­nus leurs valets poli­tiques pour préser­ver leurs inté­rêts caté­go­riels et leur posi­tion de pouvoir, est d’avoir sciem­ment provoqué la dégra­da­tion du système de santé en orga­ni­sant la pénu­rie de profes­sion­nels, notam­ment de méde­cins, et en étran­glant finan­ciè­re­ment les hôpi­taux pour qu’ils ferment des lits et des établis­se­ments.

L’objec­tif soigneu­se­ment caché et dénié est bien d’abou­tir à une situa­tion où, face à la dégra­da­tion de la qualité des services publics, l’al­ter­na­tive évidente devienne le secteur privé… pour ceux qui pour­ront se le payer.

Le scan­dale d’Or­pea a mis crûment en lumière l’ab­sence de toute limite dans la préda­tion du système par des vautours qui ne respectent plus aucune valeur humaine.

Un scan­dale s’ajoute à ce scan­dale : l’ab­sence de réponse poli­tique, si ce n’est la promesse d’une inspec­tion de tous les Ehpad dans l’an­née qui vient, alors que le ministre de la Santé sait perti­nem­ment que c’est impos­sible, car les agences régio­nales de santé, qui en sont char­gées ne disposent pas du person­nel en quan­tité et en qualité suffi­sante pour remplir cette mission.

En effet, ces agences, qui sont le fruit du déman­tè­le­ment des anciennes admi­nis­tra­tions dépar­te­men­tales et régio­nales en charge du système de santé (Ddass et Drass), ne possèdent plus de person­nel tech­nique quali­fié, leur mission ayant été réduite au contrôle finan­cier avec comme seul objec­tif de ne pas dépas­ser le budget, toujours insuf­fi­sant, voté par la loi de finances de la Sécu­rité sociale.

Ce recul a été mis en lumière par la révé­la­tion de la multi­pli­ca­tion des missions confiées à des cabi­nets de consul­tants pour gérer la crise du Covid, qui sont aussi gras­se­ment payés depuis des années pour orga­ni­ser les « restruc­tu­ra­tions » hospi­ta­lières, avec comme unique objec­tif la suppres­sion de lits.

Alors que le président de la Répu­blique, élu par défaut, n’a plus à sa dispo­si­tion une Assem­blée de dépu­tés godillots, il est urgent que cette dernière retrouve sa fonc­tion poli­tique de débat des sujets prio­ri­taires pour la popu­la­tion, afin d’éla­bo­rer des lois qui répondent aux besoins expri­més.

Ainsi, si le pouvoir d’achat consti­tue une de ces prio­ri­tés, l’ave­nir de notre système de santé et de protec­tion sociale en est une autre.

Nous deman­dons un débat en urgence au Parle­ment autour de deux options :

un système de santé avec un service public mini­mal pour les plus pauvres et un secteur marchand financé par des assu­rances privées pour le reste de la popu­la­tion,

ou un service public répon­dant à l’en­semble des besoins (ville, hôpi­tal, médico-social, santé publique et préven­tion), financé inté­gra­le­ment par la Sécu­rité sociale.

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