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Mono­logue imagi­naire avec Tautau le z’hé­ros (épisode 2)

Suivant le lieu où on a fait la manif à Paris le 14 juin 2016, on n’a pas vu ni fait la même chose

[suite de l’épisode 1]

Quoi ? De toute façon c’est le travail qui est con et il faut l’abo­lir ?

Il me semble que tu confonds emploi sala­rié (donc subor­donné) et travail. T’as pas remarqué que étudier c’est du travail, faire les courses c’est du travail, cueillir des cerises aussi. Et mili­ter ? C’est pas du travail ? À mon humble avis si on adop­tait une défi­ni­tion du travail plus large qu’ac­tuel­le­ment peut-être serions-nous plus exigeant-es sur sa qualité, son utilité sociale et – mais oui ! – le plai­sir person­nel qu’on peut en reti­rer. On pour­rait récla­mer tou-tes un emploi utile socia­le­ment et satis­fai­sant person­nel­le­ment. Et augmen­ter le temps libéré afin de pouvoir utili­ser ce temps libéré à … travailler (cueillir des cerises, mili­ter, etc)

OK. C’est vrai. Je n’ai pas encore parlé de la manif devant le carré de tête. Là je vais être plus prudent car je n’y étais pas. Je n’en connais que des témoi­gnages oraux ou quelques écrits (ici et par exemple).

Avant que la manif ne démarre j’ai entendu qu’il y avait quelques milliers de personnes devant le carré de tête. Comme moi tu sais qu’en l’état actuel des rapports de force, le pouvoir poli­tique n’al­lait pas taper sur les leaders syndi­caux (trop média­tiques, néces­saires comme inter­lo­cu­teurs et inter­lo­cu­trices). Le pouvoir poli­tique n’al­lait pas taper sur les défi­lés syndi­caux (trop nombreux, trop assi­mi­lés pat l’opi­nion publique aux gens d’en bas).

Ah oui, c’est vrai. Je parle de « pouvoir poli­tique » qui réprime et non de la police car cette dernière reste le bras armé du gouver­ne­ment, obéit à ses ordres et à ses choix, surtout quand ils vont dans le sens de la répres­sion du mouve­ment social (cf les sondages qui donnent plus de la moitié des inten­tions de vote au FN dans la police et l’ar­mée). L’ap­pa­reil répres­sif sert à répri­mer. C’est pas demain qu’on verra un CRS arrê­ter un Bernard Arnaud ou un Cahu­zac ! Sans parler des poli­ciers de la BAC qui servent de cava­le­rie légère pour arrê­ter des mani­fes­tant-es pendant que l’in­fan­te­rie CRS est à la manœuvre.

Oui, moi aussi j’ai entendu toutes ces analyses de la nouvelle tech­nique anti-manif inti­tu­lée «  la nasse  » qui sert à terro­ri­ser, humi­lier et pous­ser à la faute les parti­ci­pant-es aux manifs. Mais cette tactique de répres­sion n‘est que le prolon­ge­ment sur un autre terrain de la violence de l’État gouverné par les libé­raux (cette fois-ci du PS) qui nous font par à coup passer de l’État social à l’État auto­ri­taire. On a vu cette violence avec l’Union euro­péenne contre la Grèce, on voit cette évolu­tion dans les entre­prises et les services aussi (sans parler des privé-es d’em­ploi).

Pascal C

[aller à l’épi­sode 3]

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