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Régio­nales 2015 : quel bilan en tirer ? Quelles nouvelles pers­pec­tives imagi­ner ?

Une contri­bu­tion d’En­semble!86

Nous avons subi une décep­tion sérieuse lors des régio­nales. A cette décep­tion s’ajoute la néces­sité de couvrir les frais de campagne, donc perte finan­cière qui aura des consé­quences sur nos capa­ci­tés futures d’in­ter­ven­tion. Les résul­tats, dans leur ensemble, révèlent une pous­sée des valeurs de droite, réac­tion­naires ; l’ex­trême-droite, même sans programme régio­nal, fait un nouveau bond en avant, déter­mi­née à prendre le pouvoir pour mettre en œuvre sa poli­tique xéno­phobe, anti sociale et anti démo­cra­tique.

Au niveau de la nouvelle grande région, Il nous faut tenter de comprendre pourquoi et aussi comment notre FdG a pu passer des 7,5% dont le crédi­taient les sondages (marge:1,5% d’er­reur) à moins de 5%, avec une perte de 1.5% sur notre score des Euro­péennes 2014.

Il nous faut, au même niveau, consta­ter que, même si EELV est resté au-dessus de la barre des 5%, leur effon­dre­ment élec­to­ral est très marqué : plus de 4 points perdus.

Dans le même temps, le PS qui était donné au coude à coude avec la droite, c’est-à-dire autour de 27–28%, se retrouve à 30% soit 3 points au-dessus de la prévi­sion sonda­gière.

Quant au FN, avec 23% des voix, il triple son score des régio­nales 2010 et améliore de plus d’un point son score aux euro­péennes 2014. Certes, au 2ème tour, avec une parti­ci­pa­tion en hausse, il perd 2 points en pour­cen­tage mais améliore son nombre de voix.

La droite aussi améliore son score très sensi­ble­ment au second tour.

En consé­quence de ce qui précède, il y a, au 1er tour, des absten­tion­nistes des droites. On ne peut donc pas raison­ner comme si l’abs­ten­tion ne péna­li­sait que la gauche, et en parti­cu­lier la gauche non gouver­ne­men­tale.

Cette première salve de résul­tats conduit au moins à suppo­ser que nous aurions dû être plus expli­ca­tifs sur le mode de scru­tin afin de nous prému­nir davan­tage contre les appels au vote utile dès le 1er tour, dont le PS ne s’est pas privé.

Pour rester au strict niveau dépar­te­men­tal, notons que, pour les régio­nales 2015, le total FdG+EELV est égal à 11,99%, soit quasi iden­tique aux 12% d’In­ven­tons lors des dépar­te­men­tales récentes, malgré la dissi­dence des verts du nord, dissi­dence main­te­nue aux régio­nales par le départ de Masson­neau avec les pro-PS de Placé.

Peut-être que, lors de l’ana­lyse des résul­tats élec­to­raux des dépar­te­men­tales, nos expli­ca­tions sur le faible enga­ge­ment des verts dans la campagne ont masqué le début de notre propre régres­sion élec­to­rale (par rapport au score des euro­péennes).

Au niveau de cette nouvelle grande région, il est évident qu’une offen­sive unitaire de notre Front de Gauche, déter­mi­née et opiniâtre, en direc­tion des forces non gouver­ne­men­tales, aurait donné un autre profil et une crédi­bi­lité renfor­cée à notre volonté de construire l’al­ter­na­tive contre l’aus­té­rité.

A poste­riori, il se confirme que seule, l’al­liance avec EELV aurait permis d’at­teindre les 10% néces­saires pour asseoir notre totale indé­pen­dance à l’égard des forces pro gouver­ne­men­tales.

Au cours de la campagne, nous avons été péna­li­sés par la suspen­sion consé­cu­tive aux atten­tats du 13 novembre 2015. A l’émo­tion légi­time et large­ment parta­gée par toute la popu­la­tion, s’est surajouté un défer­le­ment sécu­ri­taire nourri par la suren­chère poli­tique entre gouver­ne­ment, droite et extrême-droite. Nous avons d’au­tant plus subi que les élu-es natio­naux FdG n’ont pas été porteurs d’une oppo­si­tion alter­na­tive, au moins par leurs votes, aux orien­ta­tions guer­rières, liber­ti­cides et un tanti­net natio­na­listes du gouver­ne­ment, de la droite et l’ex­trême-droite.

Être à contre-courant de l’opi­nion n’est pas simple. C’est pour­tant néces­saire pour incar­ner jusqu’au bout l’al­ter­na­tive sociale, écono­mique et poli­tique dont nous sommes porteurs.

En deçà de cet évène­ment, face à l’im­po­si­tion du cadre des grandes régions que nous avons juste­ment carac­té­risé comme un recul démo­cra­tique, nous n’avons pas abordé de front la contra­dic­tion entre cette dénon­cia­tion et les éléments de notre programme, comme si le seul fait de voter pour nous suffi­sait à contour­ner le cadre insti­tu­tion­nel, régle­men­taire, écono­mico-poli­tique de ce nouveau terri­toire conçu pour accen­tuer l’in­té­gra­tion au libé­ra­lisme écono­mique euro­péen.

De plus, pour n’avoir pas ou très peu mis en avant nos 3 porte- parole comme signe et volonté unitaires du FdG, le péri­mètre de notre candi­da­ture est resté ambigu. Cette ambi­guïté, reprise et décli­née à l’envi par les médias, a trouvé d’au­tant plus d’écho que, d’un dépar­te­ment à l’autre, notre campagne connais­sait des diffé­ren­cia­tions notables.

Notre accord pour une fusion démo­cra­tique au 2nd tour n’a pas toujours été bien compris y compris par certain-es de nos mili­tant-es.

La campagne unitaire de la Vienne (assez exem­plaire) ne pouvait pas, à elle seule, masquer les couacs régio­naux.

Préci­sons que l’élar­gis­se­ment du terri­toire régio­nal a mis en évidence, au sein de chaque compo­sante du FdG, une hété­ro­gé­néité de compor­te­ments qui affai­blis­sait l’im­pact de notre campagne poli­tique en rendant flou et peu lisible notre posi­tion­ne­ment de second tour donc aussi notre atti­tude par rapport à l’éven­tuelle majo­rité socia­liste.

Des événe­ments inter­na­tio­naux, comme la poli­tique de Syriza au gouver­ne­ment en Grèce ou le succès de Pode­mos en Espagne, ont pu aussi montrer l’équi­voque de notre posi­tion­ne­ment poli­tique.

Ceci nous impose de ques­tion­ner ce que signi­fie, pour nous, le fait de vouloir incar­ner une alter­na­tive crédible aux poli­tiques libé­rales et austé­ri­taires, en construi­sant des formes poli­tiques inven­tives. Le débat sur des primaires à gauche qui vient de s’ou­vrir ne peut répondre à lui seul à ces pers­pec­tives ; nous devons cher­cher à impliquer le plus de monde possible, au-delà de nos orga­ni­sa­tions poli­tiques et du Front de gauche, à l’éla­bo­ra­tion d’un projet commun pour répondre aux urgences sociales, écolo­giques et démo­cra­tiques.

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