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Santé: La fin de l’ac­cès aux soins de proxi­mité

La Coor­di­na­tion natio­nale des Comi­tés de défense des hôpi­taux et mater­ni­tés de proxi­mité:

La Coor­di­na­tion, réunie lors de sa 30 ième rencontre natio­nale à Luçon, a analysé les annonces du plan « Ma santé 2022 » présenté par le Président de la Répu­blique le 18 septembre dernier.
Nous dénonçons l’ap­proche qui consiste à renvoyer les problé­ma­tiques prégnantes de notre système de santé sur sa mauvaise orga­ni­sa­tion et à nier le sous-finan­ce­ment chro­nique dont il souffre depuis des années, en parti­cu­lier à l’hô­pi­tal et dans les EHPADs, avec entre autres un manque cruel de person­nels.
C’est d’au­tant plus scan­da­leux que de nouvelles restric­tions budgé­taires sont annon­cées à hauteur de 3,8 milliards d’eu­ros
Nous prenons acte posi­ti­ve­ment de la suppres­sion du nume­rus clau­sus, propo­si­tion que nous portions offi­ciel­le­ment depuis 2006 et plus récem­ment au travers de notre péti­tion natio­nale « Stop à la catas­trophe sani­taire annon­cée, exigeons l’ac­cès aux soins pour toutes et tous » *. Cepen­dant, cette seule annonce ne suffira pas à régler la ques­tion de la démo­gra­phie médi­cale et des déserts médi­caux qui en découlent.
En effet, il n’a été défini ni d’objec­tifs quan­ti­ta­tifs (combien de méde­cins par an), ni les moyens néces­saires aux univer­si­tés pour accueillir d’avan­tage d’étu­diants. Par ailleurs il n’est pas fait mention d’une évalua­tion des besoins sur les terri­toires. Ces mesures, au mieux, appor­te­raient une réponse dans une dizaine d’an­nées, temps de forma­tion d’un méde­cin.
Concer­nant l’hô­pi­tal public, avec l’an­nonce de la refonte en trois niveaux d’hos­pi­ta­li­sa­tion, c’est la pour­suite et l’ac­cé­lé­ra­tion des restruc­tu­ra­tions : de 250 à 350 hôpi­taux supplé­men­taires verraient la ferme­ture de leur mater­nité, leur chirur­gie, leur service de spécia­li­tés, leur service d’ur­gences, leur radio­lo­gie et devien­draient des hôpi­taux de proxi­mité « coquille vide ». Il y a donc trom­pe­rie dans le discours gouver­ne­men­tal sur les struc­tures de proxi­mité.
L’ou­ver­ture des grou­pe­ments hospi­ta­liers de terri­toire au secteur privé se traduira par une priva­ti­sa­tion de pans entiers d’ac­ti­vité. A terme, on peut craindre que la notion même d’hô­pi­tal public et de ses missions dispa­raissent au profit d’un modèle semblable à celui des États Unis.
L’e-méde­cine, outil qui devrait permettre une mise en rela­tion des profes­sion­nels, un complé­ment dans leurs pratiques, n’est vu que comme un moyen de les rempla­cer.
La rela­tion dans le « prendre » soin des patients est tota­le­ment absente des objec­tifs de ce plan de santé.

S’agis­sant des EHPAD et de la perte d’au­to­no­mie, ils ne sont qu’à peine évoqués, alors qu’il manque des dizaines de milliers de postes.
La psychia­trie, sinis­trée perd de plus en plus sa spéci­fi­cité.

En conclu­sion, face aux alarmes lancées depuis des mois dans le secteur de la santé, le gouver­ne­ment n’en­tend pas et pour­suit dans la même voie : poli­tique d’aus­té­rité et réduc­tions des dépenses publiques, ferme­tures de services et suppres­sions de postes de soignants, glis­se­ment de la prise en charge par l’as­su­rance mala­die vers les complé­men­tai­res…
La Coor­di­na­tion natio­nale des comi­tés de défense des hôpi­taux et mater­ni­tés de proxi­mité demande l’ar­rêt des ferme­tures et restruc­tu­ra­tions des établis­se­ments de santé publics de proxi­mité et exige le retour à un maillage terri­to­rial égali­taire permet­tant de répondre aux besoins des popu­la­tions partout :
 Multi­pli­ca­tion des centres de santé, struc­tures publiques plutôt que les maisons de santé, struc­tures privées
 Main­tien et exten­sion des sites hospi­ta­liers de proxi­mité avec services d’ur­gence et SMUR, Chirur­gie, Méde­cine, Mater­nité, radio­lo­gie et Labo­ra­toire, le parte­na­riat avec des établis­se­ments de niveau supé­rieur quand la prise en charge le néces­site
 La défi­ni­tion du nombre de géné­ra­listes et de spécia­listes en fonc­tion des besoins des terri­toires
La remise en ques­tion de la liberté d’ins­tal­la­tion, une régu­la­tion assu­rant leur répar­ti­tion en fonc­tion des besoins, tant en ville qu’à l’hô­pi­tal.

 Des moyens pour une poli­tique de santé répon­dant aux besoins de toutes et tous, avec une Sécu­rité Sociale ayant pour objec­tif le 100%, de la préven­tion à la dépen­dance, en passant par le soin et l’édu­ca­tion théra­peu­tique, indé­pen­dante et gérée de façon démo­cra­tique.
Suppres­sion des exoné­ra­tions de coti­sa­tions sociales patro­nales et rever­se­ment des excé­dents budgé­taires de la Sécu à l’Hô­pi­tal public et aux EHPADs à but non lucra­tif.

https://www.meso­pi­nions.com/peti­tion/sante/stop-catas­trophe-sani­taire-annon­cee-exigeons-acces/37000

 

Soutien à la mater­nité du Blanc

À l’an­nonce de la ferme­ture de la mater­nité de l’hô­pi­tal du Blanc, dans l’Indre, les élus locaux viennent de donner leur démis­sion.
La Coor­di­na­tion natio­nale des Comi­tés de défense des hôpi­taux et mater­ni­tés de proxi­mité tient à appor­ter tout son soutien aux élus, aux person­nels et à la popu­la­tion touchés par cette ferme­ture.
Avec le plan « ma santé 2022 » ce sont des centaines d’éta­blis­se­ments publics de proxi­mité qui vont voir leurs services fermer les uns après les autres : mater­ni­tés, chirur­gie, urgen­ces…
Nous appe­lons partout les citoyennes et citoyens, les person­nels et les élu-e-s à se mobi­li­ser pour exiger le main­tien des struc­tures de proxi­mité, l’ar­rêt des ferme­tures et restruc­tu­ra­tions : c’est l’ac­cès aux soins de proxi­mité qui est remis en cause partout avec des risques sani­taires graves.
À Vier­zon, dans le Cher, la mater­nité et la chirur­gie sont mena­cées et les élus ont lancé un appel large pour un rassem­ble­ment à l’Hô­tel de Ville le 23 octobre à 10H.30 ; ce même jour, ce sera l’ou­ver­ture des débats à l’As­sem­blée Natio­nale pour le projet de loi de finan­ce­ment de la Sécu­rité Sociale (PLFSS).
Ensemble, refu­sons l’aus­té­rité qui nous est impo­sée et exigeons la mise en oeuvre d’une poli­tique de santé qui réponde aux besoins de toutes et tous partout.
https://www.meso­pi­nions.com/peti­tion/sante/stop-catas­trophe-sani­taire-annon­cee-exigeons-acces/37000

 

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