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Loi Travail : La répres­sion conti­nue à Poitiers !/ Soutien aux 11 de Poitiers le 17 novembre prochain!

11 cama­rades de milieux anti­ca­pi­ta­listes sont pour­sui­vies par la justice suite à la mani­fes­ta­tion du 19 mai 2016 où envi­ron 500 personnes enva­hirent les voies ferrées à Poitiers. Voici leur commu­niqué:

« En 2016 s’est dérou­lée une impor­tante mobi­li­sa­tion contre la loi travail dans toute la France : pendant plus de
quatre mois, des centaines de milliers de personnes sont descen­dues dans la rue et ont fait grève contre le projet
gouver­ne­men­tal de casser le code du travail. La liberté de mani­fes­ter a été mise à mal par une très forte répres­sion
– comme l’a reconnu lui-même le ministre de l’In­té­rieur Bernard Caze­neuve, dans un commu­niqué du 19 juin 2016
où il faisait état de 1 800 personnes inter­pel­lées à cette date (dont une centaine déjà jugées et condam­nées en compa­ru­tion
immé­diate en trois mois). Et comme l’a constaté un rapport d’Am­nesty Inter­na­tio­nal, qui a recensé 155
mani­fes­ta­tions inter­dites en dix-huit mois et a rappelé que « mani­fes­ter est un droit, pas une menace ».
A Poitiers, l’in­ter­syn­di­cale CGT-FO-FSU-Soli­daires-CNT-UNEF-SGL avait appelé le 19 mai à une mani­fes­ta­tion
jusqu’à la gare, et décidé de mener alors une action d’oc­cu­pa­tion des voies ferrées en soutien aux chemi­nots en
grève au plan natio­nal. Cette action a été réali­sée avec succès par 400 à 600 personnes pendant près de deux
heures, et elle s’est dérou­lée jusqu’à la fin dans le calme et sans aucune dégra­da­tion, selon les moda­li­tés déci­dées
par l’in­ter­syn­di­cale 86. Puis la mani­fes­ta­tion a repris son cours jusqu’au parvis de la gare, où elle s’est disper­sée.
Or onze personnes dési­gnées comme appar­te­nant aux milieux anti­ca­pi­ta­listes et/ou liber­taires – milieux stig­ma­ti­sés
par les pouvoirs publics poite­vins depuis les bris de vitrines et graf­fi­tis réali­sés pendant une mani­fes­ta­tion
anti­car­cé­rale, le 10 octobre 2009 au centre-ville de Poitiers – ont ensuite été convoquées au commis­sa­riat de
police le 28 juin, dans le cadre d’une enquête sur « des faits d’en­trave à la mise en marche ou circu­la­tion d’un véhi­cule
de chemin de fer et autres » après une plainte de la SNCF.
Nous, les onze personnes convoquées, dénonçons le ciblage poli­tique qui a été opéré là. La police a en effet
pointé dans la presse, quelques jours après la mani­fes­ta­tion du 19 mai, la présence de « mili­tants de l’ul­tra­gauche
 » dans ses rangs, et déclaré craindre leur violence ainsi que celle de « grou­pus­cules radi­caux exté­rieurs » – sans
pouvoir bien sûr appor­ter la moindre preuve de ses dires, notam­ment concer­nant la violen­ce… et pour cause : Poitiers
n’en a connu aucune lors du mouve­ment contre la loi travail. De plus, l’ap­par­te­nance de deux d’entre nous à
l’union syndi­cale Soli­daires 86 montre que les pouvoirs publics veulent faire un exemple en s’at­taquant à des mili­tants
syndi­ca­listes très actifs dans les luttes actuelles et passées.
C’est pourquoi nous avons déclaré à l’of­fi­cier de police judi­ciaire et à la presse : « Que nous nous rendions ou
non à la convo­ca­tion au commis­sa­riat de Poitiers le 28 juin, nous ne répon­drons à aucune des ques­tions posées
par la police et reste­rons déter­mi­nés, unis et mobi­li­sés contre cette loi ! » Un rassem­ble­ment de 150 personnes –
souli­gnant qu’elles aussi elles y étaient, sur les voies le 19 mai – a eu lieu le 28 juin devant le commis­sa­riat en
soutien aux onze convoqués, dont les trois d’entre nous qui se sont présen­tés à la convo­ca­tion. Mais l’« affaire »
n’en est pas restée là : les huit autres personnes ont de nouveau été convoquées au cours des mois suivants, à tour
de rôle inter­pel­lées à leur domi­cile ou à leur travail puis placées en garde à vue.

Et main­te­nant, alors que la loi travail2 de Macron va accé­lé­rer cette poli­tique ultra­li­bé­rale, il y a ce procès qu’un huis­sier est venu nous signi­fier, à neuf d’entre nous à ce jour, pour le 17 novembre au tribu­nal correc­tion­nel de Poitiers, sous les incul­pa­tions d’avoir « péné­tré, circulé, ou stationné, sans auto­ri­sa­tion, dans les parties de la gare SNCF non affec­tées à la circu­la­tion
publique » et d’avoir « refusé de se soumettre aux opéra­tions de rele­vés signa­lé­tiques, notam­ment de prise d’em­preintes
digi­tales et photo­gra­phies néces­saires à l’ali­men­ta­tion et à la consul­ta­tion des fichiers de police ».
Nous sommes opposé-e-s aujourd’­hui à la loi travail 2 et à l’Etat d’ur­gence perma­nent comme nous nous
sommes opposé-e-s hier à la loi travail et à l’Etat d’ur­gence.
Nous nous insur­geons contre la « sélec­tion » opérée par la police pour exer­cer une vengeance contre certains
milieux anti­ca­pi­ta­listes et/ou liber­taires poite­vins en conti­nuant de les harce­ler par des convo­ca­tions au commis­sa­riat
et des gardes à vue, jusqu’à ce grotesque procès.
Plus large­ment, nous ne sommes pas dupes de la manœuvre des gouver­nants, qui cherchent toujours à distin­guer
partout, en France comme ailleurs, les bons et les mauvais mani­fes­tants et mani­fes­tantes, et nous luttons
contre toute péna­li­sa­tion des mouve­ments sociaux, toute tenta­tive d’in­ti­mi­da­tion faite à l’en­contre de personnes
mobi­li­sées contre la poli­tique anti­so­ciale du gouver­ne­ment, et le fichage géné­ra­lisé qu’il recherche.

HALTE À LA CRIMINALISATION DES MOUVEMENTS SOCIAUX ET À LA RÉPRESSION À POITIERS COMME AILLEURS !
Nous vous invi­tons à une première réunion pour consti­tuer un COMITÉ DE SOUTIEN sur la base de ce texte,
lundi 4 septembre à 18 h 30,
à la Maison de la soli­da­rité (22 rue du Pigeon-Blanc)

à Poitiers.
Pour tout contact : soutien-pour­sui­vies-poitiers@­pro­ton­mail.com

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