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Théâtre de Poitiers : faux argu­ments et vraie mauvaise foi sur le cinéma à Poitiers

Lors du débat orga­nisé par le « Collec­tif de défense de l’an­cien Théâtre », il y eu un échange entre le Collec­tif et plusieurs éluEs de la majo­rité muni­ci­pale qui s’étaient dépla­céEs..

Un des thèmes forcé­ment abor­dés sur ce sujet de l’an­cien Théâtre c’est le trans­fert en 2013 du cinéma Arts et essais (para-muni­ci­pal) vers les salles du CGR Castille (privé).

On est passé d’une seule salle de cinéma dans l’an­cien Théâtre (aujourd’­hui promis à la vente) à trois salles « Arts et essais » au sein du cinéma privé CGR Castille.

Passer de un à trois c’est mieux, dit la Mairie, évidence qu’on ne peut que confir­mer.

Par contre pourquoi ce silence sur les raisons de ce trans­fert ?

Pourquoi ne pas avoir construit trois salles dans l’an­cien Théâtre ?

Pourquoi les trois salles Arts et essai sont au CGR ?

Qu’en est-il du cinéma Le Dietrich ?

Qu’est-ce que tout cela révèle ?

Pourquoi ne pas avoir construit trois salles dans l’an­cien Théâtre ?

La rengaine magique est : ça coûte trop cher ! Or nous (PAG*) avions eu accès en son temps à la propo­si­tion de l’an­cienne équipe de direc­tion du Théâtre. Celle-ci propo­sait des travaux dans l’an­cien Théâtre pour abou­tir égale­ment à 3 salles. La subven­tion de l’État était détaillée et assu­rée, le plan d’in­ves­tis­se­ment et d’amor­tis­se­ment était précis et réaliste, la struc­ture visait l’au­to­fi­nan­ce­ment en se basant sur des études de fréquen­ta­tion et de recette très sérieuses faites par des orga­nismes spécia­li­sés indé­pen­dants. La part de finan­ce­ment de toutes les collec­ti­vité terri­to­riales (dont la Mairie) se montait, en tout et pour tout, à 1 millions d’eu­ros.

Jamais au grand jamais la muni­ci­pa­lité n’a accepté de discu­ter de ce plan de finan­ce­ment, fusse pour le récu­ser.

Quand on donne ces infor­ma­tions, les éluEs rétorquent : « 1 million, c’était trop cher ». Mais comment accep­ter cet argu­ment ? Que dire de 180.000 euros de loca­tion annuelle payée par la seule Mairie, et par elle seule, au CGR pour les trois salles du TAP-Castille. Faites le calcul : en moins de 6 ans, on dépasse déjà le million.

On voit bien que cet argu­ment finan­cier n’ex­plique pas l’aban­don du lieu Le Théâtre.

 

Pourquoi les trois salles Arts et essai sont au CGR ?

 

L’autre possi­bi­lité pour avoir au moins trois salles Arts et essais aurait été que la Mairie récu­père tout le CGR Castille.

Le CGR n’était pas inté­ressé à garder des salles défi­ci­taires en centre ville, son but était de déve­lop­per ses complexes au sud (Fontaine le Comte) et au nord (Buxe­rolles) et d’em­pê­cher que s’im­plante la concur­rence, quitte à offrir plus de fauteuils et d’écrans que ne lui en prédisent ses études de marché.

La Mairie se trou­vait à cette époque en posi­tion de force pour négo­cier car elle avait en main la possi­bi­lité de favo­ri­ser ou pas l’ou­ver­ture du CGR au sud et l’ex­ten­sion de celui du nord.

Mais non.

Le Maire a déclaré publique­ment qu’il n’y connais­sait rien au cinéma mais qu’il voulait un cinéma popu­laire (enten­dait « commer­cial ») en centre ville. Or il faut savoir que les salles Arts et essais ont droit à un pour­cen­tage consé­quent de cinéma « géné­ra­liste » (pas Arts et essais ) dans leur salle.

L’ar­gu­ment du cinéma popu­laire ou commer­cial ne tient donc pas non plus.

D’ailleurs le CGR Castille, celui du centre ville, passe beau­coup de film Arts et essais, très peu de block­bus­ter, nombre de films sont propo­sés aussi en VO avec sous-titrage, le cinéma a adopté les habi­tus des salles Arts et essais de ne pas rallu­mer les lumières avant la fin du géné­rique, etc.

 

Qu’en est-il du cinéma Le Dietrich ?

 

Tout cela n’em­pêche pas les éluEs de la majo­rité muni­ci­pale de nous donner des leçons d’éco­no­mie du cinéma, que tout ça c’est trop compliqué pour qu’on comprenne.

On en rit (jaune).

Le cinéma Le Dietrich a remarqué, comme tout le monde, cette nouvelle program­ma­tion du CGR Castille qui « pompe » les films Arts et essais porteurs, ceux qui font venir plus de public, ces films qui rapportent quelque argent dans les caisses et permet d’équi­li­brer les budgets.

Cela pose-t-il un problème ?

Mais non, répond la Mairie.

La Mairie préfère main­te­nir Le Dietrich la tête hors de l’eau, à coup de subven­tions (pour combien de temps ?), plutôt que de lui donner la possi­bi­lité de vivre de ses projec­tions. « Si tu veux aider un homme toute sa vie, ne lui donne pas un pois­son, apprendslui à pêcher. »

 

Qu’est-ce que tout cela révèle ?

 

D’abord que l’équipe muni­ci­pale régnante ne sait pas dialo­guer. Ils ne l’ont pas fait lors du débat sur le cinéma Arts et essais. Il ne le font pas sur le bâti­ment du Théâtre. Ni sur le reste d’ailleurs.

Le maire tout seul décide de tout, prend des déci­sions pour la ville comme on joue au mono­poly. Le maire est le géné­ral en chef de la troupe muni­ci­pale.

Les éluEs ensuite commandent des actions, en fonc­tion des contraintes lais­sées par le géné­ral en chef, sans jamais remettre en ques­tion ces marges de manoeuvre réduites : pour comman­der soi-même il faut déjà savoir obéir, non ?

Aux prochaines élec­tons muni­ci­pales, une des ques­tions qui sera posée sera « stop ou encore ? ».

Nous travaillons à construire le « stop » : une alter­na­tive de gauche est possible.

Pascal Canaud (Gauche Anti­ca­pi­ta­liste, membre du Front de gauche)

PAG : Pour une Alter­na­tive à Gauche, liste citoyenne soute­nue par le NPA, les Alter­na­tifs et la Gauche Anti­ca­pi­ta­liste. Son élue à la Mairie de Poitiers, Maryse Desbourdes. Site inter­net ICI

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